Lorsque j’écris, j’ai la manie de mettre beaucoup de parenthèses. J’en mets tellement que je connais pas cœur leur position sur le clavier, la preuve : ()()()(). Un ami me faisait très justement remarquer (tiens, je le taquine (je suis très taquine, alors double peine !)) que cela casse le rythme d’une phrase. C’est vrai, je le concède, je me morigène souvent (rassurez vous, j’ai vérifié ce mot dans le dictionnaire avant de l’écrire) mais je ne peux pas m’en empêcher. C’est un peu comme une confidence que tu fais à un ami devant d’autres gens, lui parlant tout bas à l’oreille, en mettant la main en paravent des fois que les autres lisent sur les lèvres, et pour bien faire remarquer que votre amitié est remarquable.
Et donc, je suis une adepte des parenthèses. Et comme j’écris souvent comme je parle et que je parle parfois comme j’écris, c’est à dire brut de décoffrage, je me demande comment je pourrais mettre des parenthèses dans mon langage oral. Avec un geste des doigts ? ça me rappelle trop cette manie qu’ont les gens de simuler les guillemets les deux doigts en l’air et qui signifie que là, on rentre dans le langage Nabilla et qu’on va dire une grosse connerie très « approximative ». Une autre solution est de dire carrément « entre parenthèse » au début ou à la fin de sa parenthèse, il m’arrive de la pratiquer, mais là aussi ça casse le rythme de ma phrase si subtile et pour être précis, il faudrait dire « ouvrez la parenthèse » au début et « fermez la parenthèse » à la fin, mais on n’est pas sûr que les interlocuteurs le fassent comme il faut et ça fait galimatias du coup (là, j’ai la flemme de chercher le mot dans le dictionnaire, alors j’espère que vous comprenez quand même).
Je vous ferais remarquer que j’utilise les parenthèses courbes, plus douces que les crochets agressifs….mais c’est parce que je ne sais pas où ils sont sur le clavier, n’y voyez aucun objectif d’arrondir les angles.
Mais où veut elle en venir ?
Simplement que j’aimerais bien me mettre entre parenthèse, toute entière et pas qu’à moitié entre les deux courbes pour échapper au temps qui passe et surtout au bouillon de non culture dans lequel nous pataugeons actuellement, une parenthèse de quatre ans, pas un de plus, j’ai pas trop de temps à donner à mon âge.
Vous avez remarqué que nous surnageons depuis un an dans un potage glauque, ne sortant que la tête pour respirer et priant de ne pas couler au fond qui est déjà bien rempli ? Il n’y a pas longtemps, j’ai bu la tasse. Pouah ! c’est pas bon ! j’ai bu la tasse en recevant le montant de ma pension de retraite. Enfin je devrais dire notre pension de retraite, la mienne, c’est du fifrelin, heureusement qu’il y a celle de ma moitié qui me permet de surnager, je vis à ses crochets ! . Quand je dis « moitié », je ne parle pas des pensions car à ce niveau, je suis plutôt au quart de ma moitié ! mais je vous rassure, je tiens mon rang de moitié pour tout le reste, et même plus, car, comme on dit, je n’ai pas une demi personnalité…je frise le cent pour cent là, ma moitié vous le dirait, je suis entière.
Entre parenthèse, j’aimerais bien ne pas avoir à reboire une autre tasse, je ne suis pas adepte des potions amères, et j’ai suffisamment envie de vomir comme ça, pas la peine d’en rajouter.
Entre double parenthèse, j’aimerais bien aussi qu’on le mette entre parenthèse le gargotier qui nous gouverne et qui fait de si mauvais potages, mais ne prenez pas les mêmes que les miennes, elles sont trop faciles à enjamber, prenez plutôt les crochets.
Allez, je vous laisse, je vais faire une parenthèse aujourd’hui. Un autre jour, je parlerai des guillemets (pas ceux de Nabilla) parce que je viens de me rendre compte que je suis une adepte des « guillemets ».

Alors, je vais essayer de ne pas réagir à chacun de tes papiers, je ne veux pas monopoliser ton blog ;
Simplement te dire que ton addiction aux parenthèses me fait penser à celle que j’assume pleinement, aux points d’exclamation!!!!!!!!
Moi qui aime tant les mots ( encore une addiction, je vais avoir une réputation de junkie), voilà qu’ils me frustrent, qu’ils me laissent parfois sur ma faim, qu’ils ne suffisent pas à exprimer mon humeur et que je voudrai y ajouter la voix pour instiller une intonation.
Ainsi je me permets d’user et d’abuser de la ponctuation pour que cette dernière vous renseigne sur l’exclamation qui est censée donner de la force à mes petits mots,
Que dire des « gros mots » qui, chez moi, donnent de la force à mes petits mots, mais j’essaye de ne pas en faire un usage abusif, au risque de passer pour une personne grossière alors que c’est juste un moyen pour moi d’échapper à la langue de bois tout en me pliant à un si doux devoir de mémoire familiale.
Bon, j’arrête la ma logorrhée qui n’avait pour but que de te dire de continuer tes parenthèses: j’aime quand tu nous parle tout bas!!!!!!!!!!!
Isabelle, monopolise, monopolise, j’adore ça !!!!!