J’aurais pu languir sur le sable marocain, grisée des odeurs d’épices et parée de fleurs de bougainvilliers,
mais j’ai vu
j’aurais pu aller m’enivrer des senteurs de fleurs de tiaré tahitiennes et danser au rythme du yukulélé,
mais j’ai vu le petit garçon
j’aurais pu me perdre dans les venelles vénitiennes et cacher mon visage sous un masque dentelé,
mais j’ai vu le petit garçon allongé
j’aurais pu nager dans le lagon mauricien et guetter le bruissement du colibri dans le flamboyant d’été,
mais j’ai vu le petit garçon allongé sur la plage
j’aurais pu m’étendre dans les dunes tunisiennes et compter les milliers d’étoiles du ciel épuré,
mais j’ai vu le petit garçon allongé sur la plage, le corps inerte
j’aurais pu flâner dans les temples d’Angkor cambodgiens et jouer à cache cache entre les fromagers,
mais j’ai vu le petit garçon allongé sur la plage, le corps inerte caressé
j’aurais pu flâner sur le Malecon cubain, regarder les vagues qui défient les digues, et me saouler comme Hemingway,
mais j’ai vu le petit garçon allongé sur la plage, le corps inerte caressé par les vagues
j’aurais pu guetter l’ibis au bord du Nil égyptien et rester devant les vestiges de l’orient conquérant si émerveillée,
mais j’ai vu le petit garçon allongé sur la plage, le corps inerte caressé par les vagues sensibles.
Alors, j’ai pleuré et je suis restée.
