« Bonjour, débutant depuis 2 mois à Paris comme employé des PTT, je me suis retrouvé dans cet énorme mouvement sans participer aux événements surtout concentrés au quartier LATIN.
La première semaine plus de métro de bus. J’allais donc du 17 ème arrondissement au haut du 20 ème à pied (environ 5 km) et là , surtout le soir en rentrant j’entendais mes pas résonner dans les rues désertes, les volets étaient mi clos et l’on pouvait ça et là apercevoir une tête qui épiait la rue.
La semaine suivante, en grève. Je m’en fus vers la seine au quartier St Michel. En entrant dans la cour de la Sorbonne j’assistais médusé à des prises de paroles festives mais aussi très affûtées politiquement : une révolution en mouvement. 3 jours plus tard n’ayant pas de famille dans la région Parisienne je regagnais Mourenx ville nouvelle dans le Béarn.
Parti le matin à 06h du quartier des halles en camion qui avait livré cet immense marché, j’arrivais à 02h du matin au Pont St Esprit à Bayonne avec un camionneur Espagnol !! Belle époque. Je conserve toujours par devers moi LE PETIT LIVRE NOIR DES JOURNÉES DE MAI. J’avais 20 ans. Je les ai encore parfois aujourd’hui dans ma tête, et aussi dans mes prises de position! Bonne journée à toutes et à tous. Adichazt.
Précision sur le carnet noir:
C’est un opuscule de 94 pages Editions du SEUIL dans la série COMBATS de 1968; Ecritures: UNEF et SNE Sup Il relate les 10 premières journées de manifestations étudiantes et les démonstrations de forces policières, qui devaient aboutir à la manifestation du lundi 13 mai et à la grève générale, ont donné lieu à des comptes rendus qui ne vont pas toujours sans obscurités; Les événements exceptionnels qui les ont marqués ont été abondamment décrits. Les dépositions spontanées ici rassemblées ont été recueillis par une commission de témoignages avec la participation de l’UNEF, du SNE Sup et d’un comité de secours aux victimes.
Ce recueil est naturellement incomplet et ne prétend qu’apporter des documents (coupures de presse et témoignages individuels) pour une plus juste appréciation des faits. L’original et les copies de toutes ces déclarations figurant dans ce livre ont été déposés, dûment signés, en lieux surs!! un exemple d’un article du journal LA CROIX daté du 7 mai: « Ce n’est pas la fermeture de la faculté des Lettres de Nanterre qui a marqué le tournant, ni même celle de la Sorbonne; mais , entre ces deux décisions des autorités universitaires, la manifestation au quartier Latin et l’intervention de la police à l’intérieur de la Sorbonne. » Tous ces documents « partent » de la date du 3 mai et vont jusqu’au lundi 13 mai. C’est une page de notre histoire et je l’ai raconté avec impartialité à mes 2 petits fils.
