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voyage polynésien

On voyage un peu ? Le voyage d’une vie, cinq semaines préparées plus d’un an à l’avance au niveau logistique mais aussi financier. Mais avec la chance d’avoir son frère résidant là bas, cela ne se laisse pas passer. C’était….il y a quelques années.
Elles ondulent dans leur paréo aux couleurs vives, à la lumière des feux de camp, les cheveux épais tombent en cascade sur leurs épaules dénudées . Un son aigu et rythmé de ukulélé brise le silence et soudain les chants retentissent dans la nuit. Une odeur entêtante de fleurs de tiaré mêlée à celle du lait de coco parfume l’atmosphère.

Puis, ils surgissent avec leurs tatouages et leur costume d’un autre temps, le rythme guerrier, le visage grimaçant, les tambours donnent le tempo et le haka vrombit dans la nuit.
Je suis rentrée dans la carte postale et ne serais même pas étonnée si Gauguin surgissait à côté de moi, tirant sur sa pipe d’opium.

Il est trois heures du matin, l’air est encore brûlant, personne n’envisage d’aller dormir.
Une polynésienne me confectionne en deux temps trois mouvements une couronne de fleurs, lourde et sentant très fort le santal entêtant. Je mets un point d’honneur à la porter mais dieu que cela tient chaud, avec, en plus des colliers de fleurs et de coquillages qui s’empilent autour de mon cou. Mais quel accueil, quelle gentillesse !
Ils ne font pas cela pour nous, les touristes, c’est dans leurs gènes, il perpétuent leurs traditions indéfiniment.

Demain, c’est Noêl.
Noêl par ces chaleurs, c’est épique ! Le sapin décoré de neige artificielle laisse les enfants dubitatifs, ils n’ont jamais vu de neige, le père Noêl suant sous son manteau nous amuse. Nous, les agnostiques, allons à la messe de minuit et ne le regrettons pas. L’église croule sous les compositions florales de fleurs de tiaré et de frangipanier, les gens arrivent, tous vêtus de blanc et la messe n’est qu’un immense concert polynésien sublime. L’église est bondée, les missionnaires ont fait du bon travail.

Le matin, nous déjeunons avec des papayes et des citrons vert du jardin, ainsi que du pain de coco. Dans la journée, nous mangerons du poisson cru, du riz, de la langouste ou des crevettes d’eau douce (chevrettes), à moins que les marquisiens ne nous fassent leur « four marquisien » qui est un mode de cuisson d’un autre temps où tous les plats possibles et imaginables sont placés au fond d’un trou et cuisent à la braise des palmiers séchés.

La vie coule ici, lentement, chaudement. Les hommes sculptent des bijoux de rêve en os, des tikis en bois, dansent, pêchent et c’est comme ça depuis la nuit des temps. Les femmes font des queues interminables devant les administrations, papotent, cuisinent, chantent, dansent. Brel a si bien décrit tout cela : « le temps s’immobilise aux Marquises ». Ce n’est pas surfait.

Nous ne sommes ni à l’hôtel, ni au Club Med, nous habitons dans un village marquisien où aucun touriste ne s’aventure et l’immersion est totale.
Il fait très très chaud, nuit et jour, même la mer ne rafraîchît pas, mais on s’habitue vite, on a tellement envie de s’habituer.

Un autre jour, nous irons à Hiva Hoa voir les tombes de Jacques Brel et de Gauguin, leurs maisons (la maison du Jouir pour Gauguin), saluer Jojo le petit avion de Brel.
Puis, un autre jour, nous irons aux Tuamotu nager avec les requins pointes noires (petit et inoffensifs), ou, avec un peu de chance avec une raie Manta majestueuse ou une tortue dolente.
Et aussi à Bora Bora où les chambres d’hôtel sur pilotis flirtent à 1000 euros la nuit (mais nous n’y resterons qu’une journée, ce n’est pas dans notre budget, sans regret).

Un paradis, oui, côté pile…beaucoup de problèmes, côté face. Mais aujourd’hui je ne parle que de vacances.

Publié le 06/02/2018 par Claudine Tixier

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